Les médias sur internet : révolution ou illusion?

Internet en Afrique, une aubaine pour la démocratisation de l’information, diront certains. Cette technologie, qui progresse à pas de géants sur le continent, pourrait, malgré des disparités entre certaines entre les zones géographiques, venir révolutionner les pratiques des Africains… Ou pas. Qu’en est-il concrètement ? Enquête à Bobo-dioulasso, deuxième ville du Burkina Faso, où l’effervescence des rues côtoie la sérénité de la population…

Centre ville de Bobo-dioulasso, un matin de mars 2012. Comme tous les jours à ce moment de la journée, dans la rue, c’est l’effervescence. Brouhaha des motos, musique qui s’échappe d’un magasin d’alimentation générale. Certains vendeurs, qui ont installé leurs stands de beignets ou de sandwichs sur le bord de la route, ont à leurs côtés un petit transistor, d’où s’échappent des morceaux de musique entrecoupés de flashs d’informations. Aux coins de certaines rues, on aperçoit quelques kiosques à journaux, devant lesquels s’arrêtent de temps en temps quelques clients. Dans le parking de la Rahimo, société de cars intra burkinabè installée en ville depuis quelques mois, quelques passagers regardent France 24 en attendant que les employés aient fini de charger  leurs bagages. C’est sûr, dans le centre ville de Bobo, l’information est partout. L’actualité, chacun l’entend, la voit, la lit… et surtout la commente. Nul besoin donc, d’aller la chercher sur internet, elle vient à vous plus que vous n’avez à aller jusqu’à elle. Pourtant, au vu de l’essor ces dernières années (lent, mais néanmoins perceptible), des sites internet d’informations  ou version internet des journaux papiers, sans doute peut-on croire que certains, s’ils ne le privilégient pas nécessairement,  utilisent néanmoins ce moyen d’information.

Visite au plus grand cybercafé de la ville. Il est 11 heures, les gens font la queue pour avoir accès à un poste. Après un rapide coup d’œil dans la salle, un premier constat s’impose : quelques Blancs, visiblement en voyage, écrivent des mails. Un homme en costume, l’air concentré et embarrassé d’une pile de documents, doit visiblement travailler. Quelques jeunes pianotent sur facebook, tandis que d’autres surfent de sites en sites. Sur les écrans, pas l’ombre d’un journal en ligne en vue. Sanou Ouédraogo travaille dans le commerce des mangues. Ce matin là, il est venu au cyber pour se renseigner sur les hôtels d’Abidjan, où il va prochainement devoir se rendre pour son travail. Lorsqu’on lui demande s’il compte jeter un œil à l’actualité du jour sur un site internet quelconque, sa réponse est claire : « je lis peu l’information sur internet. Ici, je paye ma demi-heure de connexion 200 francs, donc, quand je viens, je fais uniquement ce que j’ai à faire. Chez nous au Burkina, pas besoin de ça ! ».

Au cyber ce matin là, on fait donc chou blanc. Pourtant, il y a bien, à Bobo, une communauté de personnes qui s’y rendent pour suivre l’actualité : les journalistes. Exerçant à la radio, à la télévision, ou en presse écrite, les médias internet sont souvent leur principale source d’information. Chercher des détails sur des sujets en particulier, ou même, trouver des idées de sujets en surfant d’un site à l’autre lorsqu’on est en panne d’inspiration, est une pratique répandue dans la profession. Difficile pourtant de croire que les médias internet ne soient consultés que par des journalistes. Tautologique, même.

A côté de Sanou Ouédraogo, pourtant, Abdoulaye, qui a entendu ce que disait son voisin, tient à donner son avis : « en fait, les gens qui fréquentent les cybers y viennent rarement pour s’informer. Sauf si un événement particulier les intéresse, et qu’ils veulent en savoir plus. Ceux qui lisent l’actualité sont ceux qui travaillent devant un ordinateur connecté, et qui peuvent se permettre de visiter des sites à longueur de journée ».

Un peu plus tard dans la journée, c’est à Ida Koné, réceptionniste dans un hôtel, qu’on va poser cette question. Il y a quelques années, elle a été formée à l’utilisation d’internet pour les besoins de son travail. Son ordinateur est allumé à côté d’elle, mais sa priorité, c’est ses clients. Pourtant, lorsqu’elle a un moment de libre, elle n’hésite pas à prendre quelques minutes pour surfer sur la toile : « Tous les matins en me levant, j’écoute les informations à la radio. Internet, j’y vais essentiellement quand je suis au travail, pour prendre des nouvelles des gens que je connais, et qui habitent en Europe. Je ne vais pas sur les sites dédiés à l’actualité, parce que souvent, je trouve ça bien trop compliqué, et ça ne m’intéresse pas forcément. Par contre, sur ma boîte mail Yahoo, il y a des petits titres qui défilent. Si je vois une actualité qui m’intéresse, je clique dessus, et je vais lire l’article. » Rien qui ne fasse office de révolution, donc.

A Bobo, c’est sûr, l’information circule.  A tel point que, jusqu’ici, l’utilité d’internet n’apparaît qu’à une petite catégorie de personnes. En tous cas en ce qui concerne l’actualité. Se rendre sur un site d’information résulte d’une démarche que la plupart des gens n’ont pas encore le réflexe d’accomplir. Mais, l’exemple de Yahoo démontre cependant bien quelque chose : l’Afrique, ou en tous cas le Burkina, n’est pas totalement hermétique aux nouvelles formes de médias. A condition qu’ils sachent susciter l’envie. Rien de très différent de l’occident, donc.
Mais finalement, l’essentiel n’est-il pas que la population s’empare de l’actualité, en discute et en débatte ? N’est-ce pas la vocation première des médias, quel que soit leur support ?

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Facebook comme support de mobilisation collective : les citoyens africains peuvent-ils vraiment s’emparer de la diffusion des informations ?

Fin 2010 : la Tunisie s’embrase. Le Printemps arabe s’enclenche. Au Maghreb, ces révolutions contre les régimes autoritaires, dans lesquelles les réseaux sociaux ont joué un rôle extrêmement important seront celles de la « génération internet ». En Afrique Noire, beaucoup espèrent pouvoir emprunter le même chemin. Mais les fenêtres d’opportunités y sont pourtant bien différentes.


Véhiculer des informations et mobiliser

Les réseaux sociaux comme support de mobilisation collective. Depuis les révolutions arabes, chacun veut croire qu’ils pourraient en effet être un élément déterminant dans les transitions démocratiques des pays africains. Sur le continent, c’est Facebook qui remporte à l’heure actuelle le succès le plus éloquent : 37 millions d’utilisateurs en 2011, soit deux fois plus qu’en 2010.
Ces utilisateurs, forts des images de la Tunisie ou de l’Egypte, s’y mobilisent donc au travers de pages et de groupes, s’emparant des informations et cherchant à les véhiculer, dans l’espoir de susciter de grands rassemblements autour d’une cause.
Exemple fort au Sénégal en ce début d’année, où Facebook a lourdement été utilisé par les internautes lors de la campagne présidentielle.  Appels à manifestation pour protester contre la candidature d’Abdoulaye Wade, diffusion de vidéos et de photos révélant les violences policières à l’encontre des manifestants, diffusions de slogans pour le moins significatifs tels que « Wade dégage », « Préservons notre démocratie » inondent alors les pages « Sunu 2012 », « Non à la candidature d’Abdoulaye Wade en 2012 », « si toi aussi tu veux qu’Abdoulaye Wade quitte le gouvernement »… ainsi que les profils privés des utilisateurs. En mars 2012, Basile Niane, journaliste blogueur sénégalais, nous confiait d’ailleurs que les blogs et réseaux sociaux jouaient, bien plus que les médias traditionnels, un rôle capital dans cette élection, en se présentant comme le support de diffusion visant à préserver la démocratie.
« Tous unis contre la séparation territoriale du Mali ». Autre exemple récent d’un groupe Facebook qui compte d’ores et déjà plus de 5700 membres. Montrer au monde l’union des Maliens en les invitant à s’exprimer par une vidéo contre toute idée de séparation territoriale du pays, aucun doute, il s’agit bien là de mobiliser en faveur d’un engagement politique.

Certes, les exemples sont nombreux, et l’espoir est grand. Mais les réalités d’un pays à l’autre sont pourtant bien différentes. Le Sénégal et le Mali, même s’ils connaissent ou ont connu des troubles sociaux politiques assez importants, ont une expérience de la démocratie, ce qui pourrait expliquer de telles mobilisations. Ce n’est en effet pas le cas partout.

Facebook fait peur

Se servir de Facebook  pour mobiliser peut en effet s’avérer efficace. A condition tout de même d’y avoir accès. Dans d’autres régions du continent, les régimes en place ouvrent l’œil, et n’hésitent pas à prendre des sanctions. Exemple en 2010 dans le nord islamiste du Nigéria où les autorités qui font appliquer la loi de la charria n’ont pas hésité à interdire Facebook, sentant le danger venir : l’amputation du bras d’un homme condamné pour vol avait alors suscité l’indignation d’une partie de la population qui avait immédiatement entrepris de s’exprimer sur Facebook. Idem au Swatziland, petite monarchie anglophone enclavée en plein milieu de l’Afrique du Sud, ou le Roi Mswati III, sentant la mobilisation à son encontre grandir via le réseau social, a récemment annoncé vouloir l’interdire.

Certains pays cumulent même les difficultés. La sauce a pris en Afrique du nord, c’est vrai. Mais il s’agit de la région où internet affiche les taux de pénétration les plus élevés du continent. Tandis que, dans certains pays, c’est à peine si cette technologie existe. Au bas du tableau, on trouve le Tchad et l’Erythrée, avec un taux de pénétration quasi nul de 0,4%. Comment, dans ces conditions, Facebook pourrait il arriver à mobiliser qui que ce soit ? Et il est fort probable que cela ne soit pas près de changer, puisque, tout comme au nord du Nigéria ou au Swatziland, les autorités craignant de ne pas résister aux vagues « réseaux sociaux », ont tout intérêt à ne rien faire pour qu’internet parvienne à se développer.

Besoin des médias traditionnels
Le poisson se mord donc la queue : pas de mobilisation anti-régimes autoritaires via les réseaux sociaux sans internet, pas d’internet dans les régimes autoritaires. Et les obstacles ont d’ailleurs souvent tendance à s’imbriquer les uns dans les autres. Au Burkina faso, sorte de « démocratie autoritaire » qui aurait stoppé net son processus de transition politique entamé dans les années 90 au profit de la stabilité d’un pouvoir incarné par le même homme depuis 25 ans, internet progresse. Lentement, mais sûrement. Avec 111 300 utilisateurs, selon le site Social Bakers, le Burkina enregistre un taux de pénétration de Facebook de 0,69% de la  population totale et un taux de 62% de la population connectée.  Le réseau social gagne donc en importance, bien qu’étant encore loin des 3 millions d’utilisateurs en Tunisie ou des 10 millions en Egypte.
Pour autant, pas question encore d’en faire un support de mobilisations collectives à part entière. Preuve en fût la crise sociopolitique qui a secoué le pays l’an passé. Si quelques groupes revendiquant le départ de Blaise Compaoré ont effectivement vu le jour, ils n’ont pas eu de réel impact sur les événements. Et pour cause : au Burkina, l’accès à l’information est loin de passer prioritairement par internet. Pour utiliser un réseau social, encore faut-il savoir lire et écrire. Et ce n’est malheureusement pas le cas de tous les Burkinabè. Encore faut-il également avoir une machine à disposition, ainsi qu’un accès à internet. Enfin faut-il aussi décider d’utiliser ce réseau social comme tel. Pour Cyriaque Palé, promoteur du portail d’informations « Lefaso.net », la conclusion est claire : pour être réellement sources de changement social, les réseaux sociaux ont besoin de relais dans les médias traditionnels, et surtout, dans les médias internationaux. Selon lui, « les changements se feront certainement avec le temps, au rythme de l’appropriation de la technologie, rythme qui dépend des conditions socio-économiques de la population burkinabè ».

Ainsi donc, comprend-on que les situations sont très inégales d’un pays à l’autre. Tout dépend du régime politique en place. Mais tout dépend surtout de l’accessibilité à l’outil. Le fait que Facebook progresse à l’échelle du continent est indéniable. Mais, au vu des disparités entre les différents pays, il y a fort à parier que la notion de fracture numérique, qui jusqu’ici opposait les pays du nord à ceux du sud à l’échelle mondiale, se déplace prochainement pour ne plus concerner que l’Afrique, opposant en son sein les pays connectés aux autres, dont les fenêtres d’opportunités auront sans doute du mal à s’ouvrir.

La carte de presse burkinabè fête ses trois ans

Instaurée le 4 mai 2009, la carte de presse des journalistes du Burkina Faso a soufflé ce mois-ci sa troisième bougie. L’occasion de faire un bilan de ce qui avait suscité à l’époque, l’espoir d’un véritable renouveau des pratiques journalistiques du pays.

L’instauration de la carte professionnelle de presse, ou l’espoir du changement

« Signe des temps, rien ne sera plus comme avant », avait déclarée Béatrice damiba, présidente du Conseil Supérieur de Communication lors de son discours officiel du 4 mai 2009, instaurant la carte professionnelle de presse pour les journalistes du Burkina. L’espoir était alors bien grand.
L’instauration de la carte professionnelle de presse, ainsi que d’un laissez-passer pour les assimilés (photographe, stagiaire, correspondants locaux, techniciens audiovisuels, graphistes…) devait tout d’abord permettre aux journalistes d’acquérir un statut légal, et d’améliorer ainsi leurs conditions de travail : meilleur accès aux informations, aux bâtiments et événements publics, et reconnaissance d’une appartenance à la famille des journalistes. En d’autres termes, d’accéder à une certaine crédibilité qui pouvait parfois leur manquer dans l’exercice de leur profession.
Il s’agissait également d’une procédure visant à « assainir » le métier, débarrassant les lieux de reportages des individus usurpant cette identité professionnelle à des fins pour le moins répréhensibles : accéder aux buffets et autres collations offertes lors des événements couverts par la presse, ou, pire, réclamer des organisateurs un perdiem pour le défraiement du déplacement.
Ainsi, l’instauration de cette carte devait, à termes, permettre de redorer quelque peu le blason de la profession, aussi bien aux yeux des journalistes eux-mêmes, qu’à ceux qui sont amenés à les côtoyer. Alors, 3 ans plus tard, où en est ce fameux blason ?

Quel bilan ?

En 2012, la procédure d’attribution de la carte semble bien huilée, signe qu’il ne s’agissait pas là d’une simple « annonce » gouvernementale.
Pour obtenir sa carte, le journaliste doit fournir un formulaire de demande disponible au secrétariat permanent du comité technique d’attribution au prix de 300 francs CFA, ainsi qu’un ensemble de pièces pouvant justifier de sa profession. Il peut s’agir d’un diplôme en journalisme délivré par une école reconnue, de preuves de revenus issus de la pratique du métier, ou de toute autre document attestant des services rendus à un organe de presse. Enfin, il lui est demandé de s’acquitter de la somme de 5000 francs CFA pour une carte professionnelle d’une validité de 3 ans, ou de 2000 francs CFA pour un laissez-passer valable 1 an. Il peut arriver que le comité technique, qui se réserve le droit de poursuivre toute enquête visant à vérifier la validité des preuves fournies, rejette des dossiers.  Mais dans l’ensemble, rares sont les cas de rejets injustifiés.

Pour autant, il serait erroné de dire que les objectifs initiaux ont été atteints. Après 3 ans en effet, seuls 509 journalistes burkinabè sont détenteurs d’une carte de presse ou d’un laissez-passer. Même s’il est impossible de recenser le nombre de personnes qui exercent effectivement une activité journalistique dans le pays, il est clair que la majorité n’a pas ait de demande de carte. Les raisons pour cela sont multiples, mais la principale reste que nombre de journalistes n’ont pas connaissance de l’existence de cette carte. Beaucoup considèrent également qu’elle ne sert à rien puisque, dans les faits, elle n’est que très rarement demandée sur les lieux de reportages. Ainsi les journalistes ont-ils continué à travailler exactement de la même manière qu’avant 2009. Et les usurpateurs à côtoyer les buffets, n’en déplaise à la crédibilité de toute une profession. Pas plus simple pour les professionnels d’avoir accès aux informations sous prétexte d’avoir une carte. Ce qui doit rester caché restera caché.
En bref, en 3 ans d’existence, ni l’assainissement de la profession, ni la crédibilité, ni l’amélioration des conditions de travail des journalistes. Encore pour cela faudrait-il la faire connaître…

Zoom sur : Star Africa, journal à destination des communautés noires.

Base d’un monde médiatique qui bouge, la constante adaptation aux différents publics et lectorats implique de les connaître parfaitement. En Afrique du Sud, c’est ce qu’ont compris les dirigeants du quotidien Star, qui ont lancé mi-avril  Star Africa, journal papier exclusivement destiné aux populations noires.  21 ans après la fin de l’Apartheid, ce lancement sonne comme une petite révolution.

En France, sans doute regarderait-on le lancement d’un tel journal d’un mauvais œil. Impossible en effet d’imaginer chez nous un quotidien qui ciblerait exclusivement un public issu d’une minorité raciale. Mais, dans le pays ou le régime de l’apartheid fut responsable de 43 années de ségrégation, toute initiative favorisant le retour à l’égalité entre les races ne peut être qu’encouragée. Même si elle s’appuie sur une certaine forme de communautarisme.
Ainsi le lancement de Star Africa, quotidien destiné aux populations noires d’Afrique du Sud est-il plutôt bien accueilli. Les dirigeants du journal, qui espèrent profiter de l’émergence d’une classe moyenne parmi les populations des townships érigés pendant le régime raciste, contribuent ainsi à développer l’accès à l’information chez un public-cible qui, jusqu’ici, ne s’intéressait que très peu à la presse écrite.

En effet, dans ces quartiers qui bordent les grandes villes d’Afrique du Sud, où vivent encore -21 ans après – une énorme partie des populations noires du pays – la radio et la télévision règnent en maîtres. Moins chers et plus accessibles et collectifs que la presse papier, ces deux médias diffusent également davantage de programmes qui concernent plus directement ce type de public –et notamment des informations plus locales que la presse imprimée, assez généraliste. Cette caractéristique, Star Africa l’a bien comprise. Au menu des ses pages, actualités et cultures locales, côtoient ainsi les pages généralistes du Star. Ce dernier, vieux de 125 ans et propriété du groupe irlandais « the Indépendant » tire en moyenne à 200 000 exemplaires. Journal anglophone lié aux milieux économiques anglo-saxons, sa tendance libérale contraste ainsi quelque peu avec son nouveau jumeau.  Preuve que dans certains pays, la presse écrite est loin d’être en voie de disparition comme certains peuvent le suggérer, le quotidien, qui trouve également son pendant sur internet, semble continuer à davantage miser sur le papier.

Star Africa rejoint ainsi, dans l’offre papier,  « the Sowetan », principal titre de la presse des Noirs anglophones du pays, dont il se veut le porte parole. Le quotidien, qui tire à 350 000 exemplaires, était jusqu’ici le seul à revendiquer ouvertement la cible qu’il visait. Pour la maison Star, le challenge sera donc de taille si elle veut devenir un sérieux concurrent du leader .
Alors, coup de buzz, volonté d’attirer un nouveau lectorat sur la durée, ou encore engagement en faveur de l’accès à l’information ? Une chose est sûre, dans le paysage médiatique sud-africain, le quotidien s’est toujours illustré pour sa ligne éditoriale novatrice en faveur de l’égalité des races et de la paix sociale : dans les années 90, il avait été le seul journal du pays à employer 3 des 4 photographes membres du Bang Bang Club.

 

La Fillette et le vautour – photo de Kevin Carter, membre du Bang Bang Club.
Prix Pulitzer controversé en 1994